Radioprotection

 Qu'est-ce que les rayons X ?

Les rayons X ont été découverts en novembre 1895 par le physicien allemand Röentgen, dont les travaux seront récompensés par le prix Nobel de physique en 1901. De la découverte des effets nocifs potentiels des radiations découle la notion de radioprotection avec la création en 1928 de la commission internationale de protection radiologique (CIPR), dont les recommandations deviennent de plus en plus rigoureuses jusqu‘aux plus récentes qui ont inspirées les directives européennes régissant notre activité (Euratom 1997/43) et dont la transposition en droit français date de 2003.

La radioactivité est un phénomène naturel ou artificiel selon la source, mais omniprésent dans la nature. L’unité de mesure de la dose reçue par l’homme est le Sievert (SV) ou son millième le millisievert (mSV). A titre d’exemple, l’exposition annuelle naturelle des populations est de 2mSV en France jusqu’à 100mSV dans certaines zones du Brésil ou d’Iran !

radioprotection norimagerie Notre travail

La radioprotection de notre service est coordonnée par les Drs G Marmey et Frederic Gay, titulaire du diplôme de personne compétente en radioprotection ( PCR) obtenu en 1997 puis réactualisé en 2007.

Le travail de la PCR est réalisé en étroite collaboration avec une entreprise extérieure (CIRRA +) qui dispose d’une cellule radioprotection et d’un radiophysicien. Pour des cas complexes, urgents ou accidentels, il sera fait appel à l’expertise de l’institut de radioprotection et de sureté nucléaire (IRSN), organisme d’état reconnu dans le domaine de la radioprotection. L’autorité de sûreté nucléaire (ASN) est une agence gouvernementale qui assure le contrôle de radioprotection des installations utilisant des rayonnements ionisants.

Chacun des professionnels exerçant dans notre institution reçoit une formation quotidienne au contact de la PCR, une formation triennale règlementaire validée par la PCR et tous les 10 ans une formation obligatoire et règlementaire délivrée par un organisme extérieur agréé, indispensable pour exercer la profession.

Radioprotection des travailleurs

La PCR travaille en étroite collaboration avec notre médecin du travail. Les travailleurs soumis aux radiations ionisantes sont classés selon le poste en catégorie A ou B. 
  • La catégorie A concerne surtout les travailleurs amenés à supporter de plus fortes doses ( 6-20 mSV annuels ) et ne concerne pas notre établissement mais plutôt le domaine nucléaire. 
  • Les manipulateurs et les médecins sont classés en catégorie B (0-6 mSV annuels). Le cas fréquent de la grossesse chez les manipulatrices fait l’objet d’un traitement particulier. 
La surveillance globale est effectuée par un dosimètre envoyé chaque trimestre à l’IRSN ; pour un travail en zone contrôlée, l’usage de la dosimétrie opérationnelle permet une analyse quasi instantanée de la dose reçue et son envoi à l’IRSN. A titre d’exemple, la dose cumulée des travailleurs du service ne dépasse jamais 1mSV.

Le risque des très faibles doses utilisées en radiodiagnostic n’est pas connu ni prouvé scientifiquement et ne repose que sur l’extrapolation linéaire du détriment observé avec de fortes doses obtenues lors des catastrophes d’Hiroshima, de Nagasaki voire de Tchernobyl à proximité immédiate de la centrale. 

Ces fortes doses ne concernent évidemment en aucun cas la pratique médicale.

Radioprotection des patients

radioprotection

La radioprotection des patients repose sur le principe ALARA, acronyme anglais de As Low As Reasonnably Achievable imposant 3 principes :

  • La justification des examens,
  • L’optimisation pour diminuer les inconvénients en amplifiant les avantages,
  • La limitation des doses en particulier sur les personnes les plus exposées et fragiles. 

En France, nous suivons le guide de bon usage en imagerie médicale qui nous indique les meilleures procédures à suivre pour chaque pathologie recherchée.
Soyez sûr que nous mettrons tout en œuvre pour limiter l’irradiation délivrée lors de vos examens sans sacrifier cependant à la qualité nécessaire au diagnostic.

Afin de s’assurer de la limitation constante de la dose délivrée, et selon la réglementation en vigueur, notre matériel fait l’objet d’une surveillance à 2 niveaux. D’une part interne, par notre équipe ou par un organisme agréé, d’autre part externe toujours par un organisme agréé ( en 2011, la SOCOTEC). Cette évaluation de radioprotection a lieu 2 fois par an pour chaque matériel. D’autres contrôles semestriels internes et externes visent à évaluer la qualité de nos matériels.
L’évaluation de la dose délivrée figure sur chaque compte-rendu de radiographie ou de scanner et permet ainsi d’évaluer a posteriori la dose reçue. Chaque année , la PCR envoie à l’IRSN un relevé de la dose délivrée pour 20 examens de radiologie et 20 examens de scanner permettant ainsi de nous situer par rapport à une moyenne nationale. En 2010, par exemple, la dose moyenne émise par notre scanner pour un examen thoraco-abdomino-pelvien était de 606 mGy.cm très en dessous des moyennes nationales grâce en particulier à l’utilisation de logiciels de réduction de dose. Ce résultat a été qualifié d’excellent par le collège d’évaluation des pratiques professionnelles en imagerie médicale (CEPPIM).

 Enfants et grossesse

Les cas particuliers concernent l’enfant pour lequel une limitation très stricte des incidences est requise.

Ne vous étonnez pas si nous utilisons une protection plombée sur les organes génitaux !

Lorsqu’une grossesse est possible ou méconnue ou chez la femme en âge de procréer ne prenant pas de contraception, le mieux est de réaliser des examens radiologiques non urgents portant sur l’abdomen et le pelvis pendant les 10 premiers jours du cycle pour s’assurer de l’absence de grossesse.

En effet, le risque est la mort de l’embryon en début immédiat de grossesse ou une malformation pour une irradiation plus tardive mais cependant à fortes doses, supérieures à 100 voire 200 mSV, rarement délivrées en radiodiagnostic médical.

Ces restrictions ne s’appliquent pas en cas d’urgence reconnue.

 Exemples concrets d'expositions contrôlées

Voici quelques échelles de dose reçues par les patients au cours de divers examens de radiodiagnostic ; comparer ces doses à l’irradiation naturelle en France (2 mSV) :

  • Scanner thoraco-abdomino-pelvien : 10 mSV
  • Scanner crâne : 1,15 mSV
  • Radiographie pulmonaire de face : 0,1 mSV
  • Rachis lombaire de face : 1,4 mSV

 Pour en savoir plus

N’hésitez pas à poser des questions lors de votre examen au manipulateur et au radiologue, ou par email sur notre site internet.

Si vous désirez en savoir plus, voici quelques liens utiles :

Institut de radioprotection et de sureté nucléaire
Société Française de radiologie
Commission internationale de protection radiologique
Société française de radioprotection
Autorité de sûreté nucléaire

Mis à jour le : 09/05/2017